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Parce que la photographie d'objet n'est pas l'objet mais bien son image, elle crée, dans le même temps, l'image de l'engagement professionel/artistique du créateur de cet objet.
Ainsi, ne dissociant pas la création du créateur, je ne demande pas aux photographies que je réalise pour vous d'être seulement de belles images, je les veux s'inscrire dans un discours visant à restituer la qualités de chacun des actes qui font vos créations.
Parfois seule la lumière suffit à cela ....
Portraits de reportage
[...]Que le sujet traité soit évennementiel ou matériel, j'ai toujours perçu le reportage comme une manière de découvrir l'humain qui se cache derrière ce que je souhaite appréhender.
Petit à petit je me suis aperçu que mes photos de reportage faisaient la part belle au portrait; comme si, pour moi, l'essentiel de ce qui se jouait dans telle ou telle situation se situait dans l'intensité d'un regard, la position d'un corps ...
Depuis cette constation je ne fais pratiquement plus de reportage, je souhaite seulement revenir de mes investigation avec quelques images - parfois (sur)prises, jamais volées - qui disent la personne rencontrée à un moment particulier de sa vie.[...]
Portraits au studio
C'est le travail qui me demande le plus d'énergie, mais c'est celui qui m'apporte le plus de bonheur.
[...]Il y a dans l'attente du modèle, (le désir - toujours un peu angoissant - de voir sa propre image) quelque chose qu'il me coute de devoir dépasser pour lui donner ce qu'il m'est possible de réaliser : j'ai aussi ma propre attente et c'est d'ailleurs pour cela que le modèle est là.[...]
[...]Le portrait de studio - et pas nécessairement le portrait de reportage - par la mise en scène qu'il implique (même quand elle se veut imperceptible), c'est, pour moi, une opération qui vise à nous assoir dans notre identité, (les sémiologues diraient que le portrait c'est la part iconique de la photo) et c'est donc dans ce sens que je photographie :
un peu comme si j'attendais de la photo qu' elle puisse s'insérer dans un livre d'histoire, c'est à dire comme si l'image donnée détachais le modèle de son présent pour l'installer dans sa continuité (dans son ensemble). [...]
[...]Le photographe de voyage, n'est ni vraiment un reporter, ni vraiment un paysagiste, ni vraiment un portraitiste, il est un peu un mixe de tout cela et il est un peu quelque chose de plus, quelqu'un qui aurait à voir avec la littérature : sa production s'apparente à aux carnets de voyage des grands voyageurs : je suis passé par là, j'ai fait telle rencontre, puis telle autre ... une suite de dénotation organisée en un tout.
C'est dans le Haut Atlas que j'ai compris cela. J'étais photographe - il faut l'être, au moins vouloir l'être, pour avoir le désir de construire quelque chose en photo - et j'oubliais que j'étais photographe, j'étais l'invité d'une région, d'un village, d'une famille, d'un ami.
Je n'avais pas d'objectif précis. C'est là que j'ai expérimenté l'attente sans objet, c'est à dire attendre sans attendre ou encore être à l'écoute de ce qu'il advient sans savoir su ni attendu ce qui allait advenir, et cela même sans avoir désirer qu'il advienne quoique ce soit, et pourtant attendre ... puis photographier, juste photographier ...[...]
Cette série de photos à été réalisée dans le cadre d'une commande concours initiée par le Conseil Général de la Seine St Denis. Le thème en était "Inventaire", je fus l'un des 9 lauréats.
[...]J'avais suivi deux axes de pensées:
[...]Alors s'était posé la question : fallait-il en arriver à vider l’image, ou l’inventaire, de tout rapport avec son référent pour pouvoir en faire l’expérience ? (Mais serait-elle encore une image ? Serait-il encore un inventaire ?)
Ou plutôt, jouant de ces contradictions qui semblaient ne pouvoir jamais se résorber, : qu’inventorier ou que photographier qui ne vienne entraver cette expérience, sinon le vide (lui-même contradiction) ?[...]
La question de l'art m'a longtemps embarrasée et il fut un temps ou je pensais que l'art avait à voir avec l'expression de soi - c'était bien sur confondre art et expressionisme ...
Ces photos date de cette époque - je voulais restituer par l'image ma perception de ma condition d'humain, non dans mon être social mais dans ma compréhension de ce que j'appelai mon humanitude.
C'est photos font évidemment référence à la mort, la putréfaction, l'animalité mais aussi aux aspirations les plus hautes de l'humanité : le sacré en général (et particulièrement la maternité), l'art, la sociabilisation...
A la simple énonciations de ces éléments contradictoires, on sent les tensions, voire les violences, qui peuvent se dégager d'une telle confrontation.
Des photographies réalisées sur ce thème, je le crois, se dégagent l'idée que j' ai voulue leur insufler.
La numérisation des données, pour ne pas dire du monde, à affectés l'ensemble du travail. De nouveaux métiers sont apparus, les anciens se sont transformés, et au delà de l'évidente transformationdes modes opératoire ont peut remarquer leur décloisonnement. Ainsi, il faudrait, peut-être, mieux aborder les professions, moins en terme de métier mais plus en terme de branche : aujourd'hui, il n'est pas rare de voir un imprimeur proposer un service photo, un graphiste assumer certaines prises de vue et/ou l'impressionde documents...etc
En photographie , la numérisation des images argentiques, puis, la prise de vue numérique, a, ici aussi, profondément changé le mode opératoire.
Il y a encore peu le photographe était une personne d'image un peu chimiste, aujourd'hui il est une personne d'image experte en prise de vue comme experte en maniement de logiciels de traitements et de présentation de l'image.
Ces changements ont ouvert de nouveaux horizons: la numérisations des images permet au photographe d'élargir son champ d'instigation.
S'il le souhaite, le photographe peut mieux suivre voire réaliser ce que l'on peut désormais appeler la post production de ses photos. Le traitement sous photoshop permet des retouches que seuls les spécialistes pouvaient opérer, le tirage, même s'il est confié à un prestataire extèrieur, peut-être quasi parfaitement maitrisé (de nombreux artistes photographes tiraient eux mêmes leurs photgraphies car cela n'était pas possible autrefois) la présentation des photos n'est plus du seul domaine du graphiste (même si celui-ci reste l'homme de l'art en son domaine), enfin la diffusion de son travail est aujourd'hui possible au photographe.
Les photographes, comme tout le monde, sont confronté au web. L'internet, au moins pour eux, est perçu comme un outil de diffusion de masse des photos. Cela ne va pas sans poser de problèmes (en premier lieu celui du droit d'auteur) mais cela ne va pas sans ouvrir de nouvelles portes.
Il y a peu, les voies ouvertes aux photographes désireux de faire connaitre leur travail étaient (après les coktaills et autres situations du genre qui restent toujours la meilleure des diffusions) l'édition papier ou l'exposition, autrement dit deux moyens relativement restreints en rapport aux nombres de photos réalisées et surtout en rapport à ce que permet le web. C'est pourquoi de nombreux photographes sont devenus créateurs de site, d'abord de leur propre suite puis de celui de leur client.
Avec Qui ?
J'ai eu la chance d'être confronté trés tôt à l'internet. En 1996 (le début en France du navigateur Netscape et pas encore le fin du minitel) je travaillais avec un ingénieur qui à tenté par tous les moyens de me faire comprendre ce qu'étaient les nouvelles technologies. Il réussit à me lancer dans photoshop; je pus ainsi suivre l'évolution de la photo numérique sans perdre pied mais ce ne fut pas le cas pour l'internet. (à l'époque les connections étaient si lentes que charger une photo venant du web était un exercice de patience que peu d'entre nous souhaitaient renouveler.)
Comme me l'avait assuré mon collègue, l'internet évolua trés vite et plutôt que de simplement rattraper le train que je n'avais pas sû prendre, je tentais de m'y installer confortablement. Pour cela je repris des études en 2000 et passai, en 2002, une maitrise en photographie & multimedia.
De retour dans la vie active, j'ai ré-ouvert mon studio, mais la photo n'est plus mon seul intéret ... Le temps que je réservais à la création personnelle je le passe sur, dans et autour du web : soit je surffe, soit je crée un site pour un client, soit je me perfectionne en programation...
Constitutionnelement l'internet porte en lui le mythe "je touche le monde entier". Comme dans tous les mythes il y a du vrai (ici ce qui est constitutionnel au web)et de l'espoir (ici ce que je voudrais que le web soit, devienne, me permette...).
Xhtml et CSS
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